top of page
Saint-Pierre, 8 mai 1902

Saint-Pierre, 8 mai 1902

24,95€Prix

De Gabriel Parel

 

Cette date devrait être écrite avec du sang !

 

À Fort-de-France, vers quatre heures du matin, un violent orage avec éclairs et tonnerre avait versé des torrents de pluie. Vers huit heures, l'horizon, vers le nord, vers le volcan, était noir comme de l'encre ; les nuages galopaient dans la direction du nord-ouest. Le ciel devenait de plus en plus sombre. Tout-à-coup j'entends une grêle qui tombe sur les toits, sur les feuilles des arbres. Une immense rumeur s'élève dans la ville.

 

À l'église où la messe de huit heures était commencée, une panique épouvantable. Le prêtre reste seul. En même temps, dans la nuit qui s'étend sur nous le tonnerre roule, roule d'une manière continue, effrayante ; la mer se retire par trois fois à plusieurs centaines de mètres. Le bateau qui partait pour Saint-Pierre retourne effrayé.

 

Étant sorti sur mon balcon pour me rendre compte de ce qui se passait je le vois se couvrir d'une grêle de pierres et de cendre encore chaudes. Dans les rues, les gens restaient pétrifiés sur leurs portes ou couraient éperdus de tous les côtés. Cela dura ainsi environ une demi-heure, une demi-heure de terreur !

 

Mais que se passait-il à Saint-Pierre ? Personne n'osait répondre. Les communications par téléphone avaient été interrompues brusquement au milieu d'un mot.

 

Quelques-uns affirmaient avoir aperçu, par-dessus les montagnes qui nous séparent une colonne de feu monter dans le ciel, puis se répandre partout. L'angoisse la plus terrible étreignait tous les coeurs. À onze heures, le bateau le Marin se hasarda à aller faire une reconnaissance et fut témoin du spectacle le plus terrifiant qui se puisse imaginer...

bottom of page